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Maude Bonenfant – Mobilité et traces dans l’espace public : émancipation ou aliénation ?

Le sens de l’espace public change dans le contexte de mondialisation des villes et de la globalisation de l’économie, ce qui transforme le cadre de vie commune. Se vidant en partie de son sens symbolique, cet espace s’organise aujourd’hui autour des fonctions marchandes et ludiques, de circulation, de patrimonialisation et de marchandisation des expériences humaines. Autant de raisons pour lesquelles plusieurs se demandent si l’espace public urbain n’est pas devenu obsolète dans le contexte de développement des technologies de l’information et de la communication (TIC). Or, qu’entendons-nous aujourd’hui par espace public ? Pour les distinguer, suffit-il d’employer le pluriel pour les espaces publics urbains et le singulier pour l’espace public « politique » ? On s’entend généralement pour définir l’espace public par son opposition aux espaces privés ou communautaires, c’est-à-dire comme lieu physique où circulent et se rencontrent les gens et l’espace virtuel où s’expriment et débattent les individus. L’espace public est d’abord celui de la rue, de la place et du square où le public se constitue indépendamment des différences sociales et du statut juridique de chacun, mais si l’accessibilité, la mobilité et l’anonymat caractérisent toujours l’espace public, il faut se demander si sa dimension politique ne s’en trouve pas modifiée aujourd’hui avec le développement des TIC et l’usage généralisé des dispositifs technologiques de mobitlité et l’ensemble des réseaux de télécommunications.

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